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Réinventer la modernité

Il est désormais de bon ton de blâmer la société de consommation et le système économique pour les maux de la planète et de ses habitants. Puisque nous vivons aussi grâce à ce système économique, il ne sert à rien de le condamner si nous n’avons pas d’autres solutions à offrir. Il ne nous reste donc plus qu’à faire évoluer notre mode de vie.

Ériger de nouvelles communautés

Il existe de multiples façons de diminuer notre dépendance à un système économique néfaste, sans pourtant vivre de façon archaïque ou marginale. Vivre de manière autonome peut servir à reconstruire une communauté cohérente, dont le sens porte au-delà de simples rencontres amicales. La quête d’autonomie vis-à-vis du système économique prédominant mène ultimement à la constitution de nouvelles interdépendances, d’une communauté fonctionnelle et utile à notre mieux-être.

Jacques Rousseau lui-même, considéré comme l’un des pères du libéralisme moderne, a expérimenté près de Genève la dynamique économique des petites communautés et les considère comme les unités sociales les plus fonctionnelles et égalitaires qui soit possible d’envisager.

Plusieurs façons d’agir dès maintenant

Plusieurs activités contribuent à davantage d’autonomie, moins de dépendance économique ainsi qu’à un environnement plus sain pour tous et toutes :

  • Acheter des biens et aliments locaux et biologiques
  • Récupérer les objets inutilisés, acheter dans les petites annonces à meilleur prix des objets qui seraient jetés bien qu’utilisables
  • Utiliser en commun voitures, électroménagers, outils et autres
  • Coudre et tricoter
  • Planter des arbres, notamment ceux qui génèrent des ressources
  • Jardiner biologique, produire sa propre nourriture
  • Cuisiner et fabriquer des conserves, échanger ces victuailles avec d’autres
  • Apprendre des techniques de soins véritablement naturelles (au-delà de l’utilisation de suppléments sous forme de comprimés et de capsules…)
  • Mettre en place des énergies renouvelables, solaires, éoliennes, géothermiques
  • Construire en fonctions du soleil et de la capacité isolante de la terre
  • Composter
  • Pratiquer des arts, raconter des histoires, faire de la musique
  • Cohabiter avec notre famille, nos amis

Réinventer la modernité

La majorité des gens civilisés croient que nous vivons de la manière la plus efficace possible, que l’évolution de notre société est en progression constante sur tous les plans. Puisque nous exploitons la terre depuis des milliers d’années dans le but de vendre ses ressources sur le marché, nous croyons que le travail de la terre est forcément une activité fastidieuse.

photo par Vivevans

Pourtant, l’expérience de la permaculture nous enseigne qu’il peut en être tout autrement, pourvu que l’on abandonne l’idée des monocultures. (Voir : ‘Le paradis sous nos pieds’) La permaculture nous permet de vivre directement de l’abondance de la terre plutôt que de dépendre uniquement des revenus qu’elle génère pour vivre.

Aujourd’hui, les prix croissants de l’énergie nous font tranquillement comprendre que les combustibles fossiles vont s’épuiser et que notre mode de vie doit évoluer, mais bientôt l’inéluctable transition se fera de plus en plus abrupte et douloureuse. N’y a-t-il pas moyen de rendre notre mode de vie un peu plus efficace ?

Il ne s’agit pas de renier toutes les pratiques et les technologies modernes, mais pourquoi dépenser autant d’énergie à déplacer les biens et la nourriture sur des milliers de kilomètres, pourquoi aller travailler chaque jour à des dizaines de kilomètres de chez soi ?

Le Venus Project

Mr. Jacques Fresco conçoit des infrastructures, des communautés urbaines et des applications technologiques au service d’un mode de vie juste et durable. Il habite déjà sa maison écologique du futur fabriquée avec des matériaux dits « intelligents » à Venus, en Floride aux États-Unis. Il affirme que nous n’avons jamais demandé à la science de concevoir un mode de vie soutenable, viable à long terme. C’est entre autre ce qu’il nous propose dans le Venus Project, dont il est directeur et fondateur.

La science et la technologie sont aujourd’hui perverties par la recherche sans fin de la maximisation des profits, et sont largement développées et au service de corporations qui cherchent sans cesse à concentrer les revenus entre les mains des actionnaires de la bourse. Hors, nous n’avons jamais complètement mis nos technologies au service de l’environnement et de la collectivité.

Inclure les coûts réels dans l’économie

En Allemagne, le gouvernement subventionne les énergies « vertes », ce qui a rapidement transformé le pays en un leader incontesté en ce domaine. Les subventions aux énergies écologiques sont incomparables aux avantages consentis aux pétrolières et largement inférieures aux subventions accordées à l’industrie nucléaire, laquelle ne serait pourtant même pas rentable autrement.

photo par Sjsharktank

Mr. Fresco du projet Venus nous propose de fonder notre économie sur les ressources disponibles plutôt que sur le capital. Je crois qu’il est possible de réaliser cela de manière progressive si nous incluons les coûts environnementaux réels de chaque activité économique. Ces coûts sont appelés « effets externes » en économie (externalities en anglais), en ce sens qu’ils ne sont pas comptabilisés dans la balance. Voilà pourquoi, par exemple, il devient logique pour les pêcheurs nigériens de pêcher aux explosifs, car on se contente de payer pour le poisson sans défrayer les coûts reliés à la préservation de l’écosystème marin.

De cette manière, les biens et services qui endommagent l’environnement se retrouveraient beaucoup plus dispendieux, ce qui limiterait d’autant leur consommation. En revanche, l’activité économique bénéfique pour l’environnement serait grandement encouragée et favorisée. Par exemple, le transport en commun serait galvanisé, alors que le transport aérien serait grandement découragé ; les monocultures dépendantes des produits pétroliers cèderaient leur place à la permaculture et à l’agriculture biologique qui conservent la vitalité des sols.

L’argent au service du développement durable

photo par gorex

L’argent que l’on accumule, moteur d’énergie humaine, devrait servir à établir des infrastructures durables et rentables, au service de l’environnement et qui multiplient les ressources naturelles renouvelables qui soutiennent la vie. Ainsi, nous prendrions réellement soin de nos enfants et de nos générations futures.

Combien de paysans sur la terre on été plongés dans une réelle pauvreté abjecte, désœuvrée, seulement après avoir perdu leur terre ou leur mode de vie traditionnel ? Un paysan autarcique, parce qu’il vit en dehors du système économique, apparaît comme pauvre dans nos statistiques alors qu’il peut obtenir tout ce dont il a réellement besoin s’il vit en équilibre avec sa terre. (Voir l’article ‘Misère, entraide et toutes ces sortes de choses’)

Utiliser nos ressources financières pour se réapproprier la terre et la valoriser, autrement que par la monoculture modifiée génétiquement ou en creusant des mines, me semble une étape primordiale à la transformation écologique du mode de vie des humains. Nous n’avons pas besoin d’abandonner tous les avantages de la modernité pour cela.

Prenons nous-mêmes les rênes du changement

Pourquoi attendre que le système économique change, que les gouvernements bougent avant d’agir de façon déterminante par nous-mêmes ? Comment combattre un système qui ne suit que sa propre logique et ne cherche qu’à assurer sa survie ? Prenons en main ce qui nous avons de libertés, ce qui est peut-être plus que les citoyens n’importe quelle époque n’ont jamais eu, et agissons dès maintenant pour déraciner les origines de nos problèmes.

Il ne s’agit pas de renverser les gouvernements ou de mettre une bombe à la bourse de New York, des institutions qui ne reflètent que nos choix collectifs, finalement. Il s’agit plutôt de développer parallèlement un autre modèle, un autre mode de vie, de diverger le peu de ressources dont nous disposons vers ce qui est réellement et durablement bénéfique.

Dès qu’un autre modèle plus sensé et durable sera mis en action, nous verrons l’ensemble de l’humanité s’y précipiter spontanément et alors seulement les gouvernements et les corporations n’auront d’autre choix que de s’adapter aux changements. Déjà, nous voyons poindre à l’horizon de brillants exemples qui éclairent notre chemin.

1 comment to Réinventer la modernité

  • J’abonde “omni”, “opti” et unilatéralement! Et vous me permettrai chers amis, d’y ajouter mon grain de sel :

    Nul besoin d’être prophète pour voir les effets de notre surconsommation sur notre terre et bien sûr aussi sur ses habitants… En fait, nous savons pertinemment que la planète s’en sortira beaucoup mieux que nous et donc l’idée n’est pas de sauver la planète, mais bien plus notre peau à tous!

    Dans les années 70, le mouvement hippie et granos s’ouvrait déjà sur ces visions et valeurs basés sur des modes de vies auto-suffisants et communautaires. Bien des gens comme mon demi frère Michel Simard; qui a fondé avec quelques comparses Peace & Love visionnaires de l’époque, le premier éco-village au Québec sur les plateaux de L’Anse St-Jean, ont rêvé et tenté d’initier ce mouvement qui sommes toute, à légué de belles valeurs et quelques traces encore bien vivantes de nos jours… Mais cette approche flamboyante et avant-gardiste en ce temps, c’est toutefois essoufflée avec la modernité montante et l’industrialisation massive qui apporta un souffle de “confort” et de la nouvelle argent dans une société en mal de richesse… certes oui, un apport économique menant à des emplois stables et une certaine prospérité temporaire, mais à quel prix?!…

    Aujourd’hui, ce sont ces mêmes valeurs qui animent le cœur des artisans du changements et qui d’instinct, revêtent les mêmes étendards de retour aux sources, à des pratiques simplement plus axées sur le développement durable et le bien-être des êtres vivants étant tous inter-reliés et interdépendants! Les vétérans de cette époque qui se sont embarqués têtes baissées, sans hésiter dans la marche du progrès industriel et de la commercialisation à outrance, qui était pleine de promesses palpables et instantanées arborant l’effigie du fameux merveilleux rêve américain, commencent maintenant à lever les yeux et constatent que finalement, ces rêveurs colorés adeptes de l’herbe bleue et extatiques de l’époque, que peu ont vraiment pris au sérieux, avaient bel bien raison de vouloir retourner à un mode de vie plus harmonisé avec le poux de la nature. Il n’est pas très sorcier de se laisser enseigner la marche à suivre simplement en observant la nature elle-même qui ne cesse de développer des astuces de symbioses et d’équilibres dans un chaos apparent mais qui en fait se révèle toujours être une façon sublime et habile de préserver sa pérennité et sa propre existence dans une dimension où en fait, il s’agit sans relâche se subsister en relation avec toutes choses car nous sommes un tout, un seul et même organisme se muant dans le cosmos hostile à la vie sous la forme que l’on connait ici bas.

    Il n’y a pas de “je” sans le “nous”… Comment avons-nous perdu contact les uns avec les autres? Regardez les oiseaux qui en une fraction de seconde corrigent tous leurs directions sans même un son et non plus de cellulaires, de i-pad et de super cool gadgets de com… Il suffit d’entretenir sa capacité d’émerveillement pour voir toute la connaissance qui s’offre à nous si généreusement en ce monde étonnant!

    Il nous faut maintenant plus que jamais nous rallier, nous écouter, nous ressentir et s’aimer!!!

    Voilà! Je vous aime!!!

    Namasté!

    Stéphane

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