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Qu'est-ce que l'Ayurvéda ?

Qualifié d’art ou de science de la vie, l’Ayurvéda traditionnel désigne l’ensemble des pratiques thérapeutiques élaborées, accumulées et transmises au fil des siècles dans le sous-continent indien. Celles-ci ont été éventuellement regroupées en huit spécialités qui constituent l’ensemble de la pratique ayurvédique. En Sanskrit, « Ayur » signifie « Vie » et « Véda » signifie « Vérité » ou « Savoir ». Mais qu’est-ce que l’Ayurvéda entend par « Vie » ? Il s’agit, dans l’optique de la philosophie Nyaya/Vaisheshika, du flux unifiant le corps, les sens, l’intellect et l’esprit (Charaka, sutra 1:42). La vie est donc la connexion existant entre la conscience, l’intérieur, le noumène et le monde extérieur, le phénomène.

Les huits branches de l’Ayurvéda

1 – Kaya : Médecine interne
2 – Baala : Pédiatrie
3 – Graha : Métaphysique et psychiatrie
4 – Shalya : Chirurgie
5 – Shalakya : Ophtalmologie et oto-rhino-laryngologie (ORL)
6 – Prasuuti : Féminité, accouchement et post-natalité
7 – Jara : Gériatrie
8 – Vrisha : Aphrodisiaques (comment reproduire un enfant en santé)

Origines de l’Ayurvéda

La vie en forêt

À l’époque où nous vivions de chasse et de cueillette, nous étions en symbiose avec le monde végétal et les cycles de la nature. Notre acuité sensorielle et la connaissance de notre corps étaient façonnées par un mode de vie en interaction avec les éléments naturels.

Certains renonçaient à la vie sociale et se retiraient en ermitage de longues années, tout comme le font des millions de gens en Inde aujourd’hui encore. Ces hommes et ces femmes apprirent à se soigner de façon autonome et vécurent les expériences qui servirent à échafauder dans les millénaires à venir le système ayurvédique.

Ainsi, les textes des forêts, ou Aranyakas, racontent qu’il y a bien longtemps avant notre ère, un congrès pan himalayen fut organisé parmi les praticiens de la santé, où l’on discutait de la migration des hommes des forêts vers les villages et des conséquences dangereuses pour le destin de la terre et même celui des autres planètes de l’Univers !.

De la tradition orale à la tradition écrite

À cette époque pré historique, la transmission du savoir se faisait essentiellement de manière orale, entre deux entités parfaitement complices et complémentaires que sont les consciences du maître et de l’élève, afin que la profondeur et l’authenticité des enseignements se préserve à travers le temps. Comme notre savoir historique repose sur l’écriture et les ruines des constructions humaines, nous savons bien peu sur la culture et la sophistication de l’humanité précédant 2000 ans avant notre ère.

L’Ayurvéda a émergé plus tard comme une version « officielle », synthétisée, d’un ensemble de savoir et de pratiques qui ont aussi survécu sous d’autres formes (médecine populaire, médecine Siddha, médecine Sanjivan). Les traitements purement énergétiques sont évidemment restés en dehors de toute synthétisation et constituent encore aujourd’hui les formes les plus avancées de médecine en Inde. Ces traditions semblent être perpétuées parmi les grands rishis du Tamil Nadu, les Siddhas, mais toute personne accédant aux arcanes de sa conscience peut découvrir ces moyens de guérison.

Avant la création du Sanskrit, les traditions et les sciences étaient transmises en Prkrata, Brahmi ou en Pali. Puis le Sanskrit fut conçu avec l’intention de créer une langue où les mots peuvent tous être décortiqués en racines cohérentes, où les vibrations du langage évoquent clairement les formes pensées désirées et dont la structure économise les articles et les déterminants grâce à la déclinaison. Toutefois, même après que les enseignements aient commencés à être circonscrit sur des plaquettes d’argile, de métal ou des morceaux d’écorce, ils furent écrits de façon cryptique : à l’envers, mélangés ou encore sous forme de poésie.

Du même auteur : L’Ayurvéda et les trois doshas