web analytics

Nos premières aventures

photo par Franscesca

L’Inde, nous y voilà donc. Comme dans nos souvenirs, Delhi est un bordel innommable, sauf que maintenant c’est pire car tout est un immense chantier ouvert, histoire de reniper la ville pour les jeux du Commonwealth. On dirait davantage un chantier de démolition que de construction et nous avons peine à imaginer que la ville ressemblera à autre chose qu’un amoncellement de gravas pour les jeux. Nous avons choisi le bus sans air climatisé pour quitter Delhi. Mauvais choix. Faute de voyageur, le départ a été annulé et on nous a relocalisé sans ménagement dans celui à air climatisé qui, incidemment, était complet !

Nous voilà donc entassés à huit dans la cabine du conducteur, fulminants et incapables de poser nos pieds par terre ou de s’appuyer le dos… pendant 14 heures. Heureusement, un bon samaritain nous a éventuellement offert un siège et Jonathan a dû faire la paix avec le copilote alors que la cabine s’animait de jeux de chansons où l’on se tapait dans les mains. En coréen, israélien, hindi, hébreu, français…

Perchés dans les montagnes

Nous sommes maintenant en pleine nature, chez Ashoka et Mira, dans l’Himachal Pradesh, à Bhagsunag, plus particulièrement à Dharamkot, près de Dharamshala, célèbre lieu d’exil du Dalaï Lama (enfin il réside plus exactement à McLeod Ganj !!). C’est un lieu verdoyant bien connu et chéri de Jonathan, qui a étudié le tabla avec Ashoka lors de voyages précédents ; c’est une découverte pour Caroline, qui n’avait jamais exploré la région auparavant.

photo par Caroline Théberge

Les montagnes sont magnifiques : à environ 2000 m d’altitude, nous avons l’impression d’habiter les nuages.

Contrairement à ce que nous nous attendions, la mousson est plutôt clémente. Il n’en reste pas moins que nos allées et venues sont rythmées par les précipitations quotidiennes, parfois très abondantes.

La première étape du voyage est marquée par d’inévitables diarrhées, encouragées par l’altitude et les pluies qui nettoient les montagnes des excréments d’animaux et apportent chaque année leur lot de maladies, un peu à l’instar de notre saison hivernale.

Une bonne partie de nos conversations ont commencé à tourner autour de nos déjections… J’ai même introduit ce que Caroline a baptisé ‘la scatéchelle’, un pointage sur dix pour indiquer la qualité de nos excréments. Vous devriez nous voir le visage tout ravi lorsque nous faisons finalement ‘un 5 ou 6’ après plusieurs jours de ‘0’et de ‘1’ !

Caroline, qui a été plus touchée par ces « emmerdes », espère chaque jour qu’elle aura eu sa dose pour un bout. Qu’est-ce que c’est « chiant » ! Ça lui aura au moins permis de visiter l’hôpital tibétain, fort sympathique, et de goûter à leur médecine minérale… beurk !

photo par Caroline Théberge

Ceci dit, la partie n’est pas gagnée, les intestins toujours fragiles digèrent difficilement autre chose que du riz, du yaourt écrémé, et autres bouillons. Au paradis du curry, « c’est vraiment trop injuste », comme dirait Caliméro ! Caro est une parfaite cobaye pour Jonathan, qui prend son pouls et lui prodigue divers conseils, qui malgré leurs bienfaits certains n’arrivent pas pour le moment à rétablir la situation. Euh… lâcher-prise…?! Pfff… On commence à être à court d’idée et Caro à être bien écœurée! Comble du ridicule, à force d’être couchée sous une douillette trop lourde, elle s’est étiré les ligaments du gros orteil, donc boite joliment.

Pour en rajouter, à force d’avoir « tout qui descend vers le bas », elle en a des hémorroïdes. N’importe quoi ! (Mais oui, vous pouvez rire!) Serait-ce un mauvais sort, ou un tour de Saturne ? Again ?

Découverte du Tai Chi

Nous ne pouvons cependant nous empêcher de faire la corrélation entre ces remous intestinaux et la rencontre avec un maître de Tai Chi. Une rencontre qui donne lieu à un grand nettoyage énergétique.

En effet, nous avons eu la bonne surprise de rencontrer un jeune homme qui perpétue une lignée très pure et ancienne de Tai Chi, celle pratiquée dans les temples, avant que la discipline ne soit transmise hors des lieux sacrés pour en faire un art essentiellement martial : le Tai Chi Chuan, qui signifie ‘le poing du Tai Chi’.

photo par Caroline Théberge

Même s’il pratique une forme très spirituelle de Tai Chi, maître Gregory est rompu aux arts martiaux. Jonathan, qui a rencontré parmi les meilleurs karatékas d’Okinawa, au Japon, peut vous assurer qu’il les surpasse assurément ! Une seule attaque et voilà votre énergie retournée contre vous, votre faiblesse exploitée par une poussée délicate ou un os brisé, au choix. Un élève déambulant près de Joe alors que Gregory le repoussait s’est vu débalancé dans sa démarche sans même être physiquement effleuré, pour tout vous dire !

La pratique du Tai Chi nous amène à contacter le Dan Tien, centre énergétique correspondant au centre de gravité du corps, situé trois doigts au-dessous du nombril. Hors, contacter l’énergie de notre centre ne s’avère pas chose facile ! Plusieurs blocages s’expriment par des maux divers avant de se relâcher : oreilles qui bloquent, tensions musculaire, etc. La persévérance nous a permis de passer à travers nos difficultés digestives et nous pûmes enfin pratiquer avec un peu plus d’aisance.

Le Tai Chi nous aide à sentir l’énergie pure, celle qui nous anime et qui soutient la vie. Nous sentons parfois ces polarités qui soutendent les mouvements que nous pratiquons plusieurs heures par jour, comme des vagues de lumière que nous tentons de surfer. Expansions et contractions à l’infini.

Jonathan, qui s’exerce à la lecture ayurvédique du pouls, a été époustouflé lorsque maître Gregory lui a démontré comment il pouvait modifier le sien à volonté, au point où la pulsation ne devint plus qu’un bourdonnement vibratoire. Son maître d’Ayurvéda, Vishnudas, lui avait un jour mentionné que certains yogis avaient cette capacité.

Côté musique :

Caro a eu une 1ère prof de chant, pour 2 semaines : Sanjyot, une amie d’Ashoka. Vraiment bonne chanteuse bien sûr, c’est surtout pour ses qualités pédagogiques, son gros bon sens, son humour contagieux que Caroline a eu un coup de foudre. Malheureusement, elle a dû retourner dans sa famille, à Goa. Nous irons peut-être la visiter en novembre. En attendant, Caroline a du matériel de pratique : quelques gammes indiennes (appelées ragas), des exercices vocaux, et une bonne dose d’inspiration qui aidera à surmonter l’ennui des vocalises solitaires et plus ou moins gratifiantes à courte échéance.

Jonathan a maintenant son tabla ! Dont il adore le son ! Nous avons esquissé quelques rafraîchissantes improvisations et aussi notre première pièce classique indienne, fantastique ! Caroline a commencé à s’approprier l’esprit d’un raga et à en exprimer les émotions avec toute la profondeur dont elle est capable.

photo par Caroline Théberge

Sinon, voici en vrac quelques capsules de bonheur. On aime :

  • Les boules au choco ou au coco du « french shop » (sugar fix!!! Haaaah…)
  • La tisane à l’ortie directement cueillie au jardin
  • Les thalis maison de Mira
  • Le machin à 50 rupees pour chauffer l’eau
  • Les merveilles de la salle de musique juste sous notre chambre
  • Les vidéos sur l’Égypte ancienne et les discussions passionnées qui s’ensuivent
  • Le point rouge au front du chien le jour de célébration
  • La douche sous la pluie cause pénurie d’eau courante en pleine averse !!!

On vous embrasse
Hari om
Caro et Joe

4 comments to Nos premières aventures

  • JF

    Ah oui, les machins à 50 rupees pour chauffer l’eau, moi aussi ils ont fait mon bonheur!

    Sinon, hmmm je vous dirais que ça vous prendrais un ‘zapper’ pour vous débarasser de ces microbes tenaces si vous n’aviez pas accès à ce fabuleux maître de tai chi. Impressionant ce type, il me semble.

    Je pense à vous! À bientôt!

  • kathy

    bonjour à vous deux
    super sympa de vous lire et de vous suivre .
    J’ai fais suivre l’adresse à TIZ
    bonne continuation dans cet extraordinaire voyage.
    kathy

  • alles marc

    Commen peut on aller là bas et étudier le tai chi , longtemps , es que c est réaliste , avec des moyens normaux , vous voyez se que je veux dire …

  • Jonathan Léger Raymond

    @Alles marc: Maître Gregory est installé à Goa en Inde maintenant et oui, n’importe qui peut étudier avec lui pour peu de frais. Voir son site Seven Suns Tai Chi (nous avons mis un lien vers son site dans la section du même nom)

Écrire un commentaire

  

  

  

Vous pouvez utiliser ces codes HTML dans votre commentaire.

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>