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Moi mes souliers…

photo par Caroline Théberge

Enfin ! Des aventures ! Des péripéties !
Cher auditoire affamé de folles épopées, qui baillait peut-être devant son écran à la lecture de nos précédents bulletins-douillets, nous croyons que ce chapitre devrait combler votre appétit. En tous cas… il a comblé le nôtre !

Événement d’ouverture de ce festival de l’aventure, l’anniversaire de Jonathan. Une « vraie » fête, avec plein de cadeaux, un vrai bon gâteau, un souper à la maison avec Ashoka et Mira, des amis et surtout, une soirée de jam musical mémorable.

photo par Caroline Théberge

Quelques jours plus tard, le 11 septembre, nous avons escaladé une passe de montagne, Triund, pour fêter non pas l’effondrement du World Trade Center, mais plutôt notre 1ère année ensembles : déjà et seulement un an, oui !

« Hit the road, Jack… » !

Nous avons ensuite quitté le cocon de Dharamkot. Premier arrêt : un séjour de quelques jours à Manali. Nous découvrons une ville sympathique, quoique très semblable à Bhagsunag : les restos style occidentaux, qui proposent entre autres les sempiternelles spécialités israéliennes (The real taste of Shipudim ! Whatever that is…), les boutiques de châles, de bijoux, de pantalons avec le fond de culotte descendant jusqu’aux chevilles, appréciés des touristes, mais qu’aucun indien ne porte, sans oublier les german bakeries bien sûr et à nouveau une grosse tale d’ortie près de notre guest house. Pas trop de dépaysement jusqu’ici, on peut trouver de l’excellent espresso, des soupes thaïes délicieuses, des gens pour jammer… bref, c’est comme à la maison, mais moins cher.

Enfin, pas tout à fait comme à la maison : le décor est à couper le souffle ! Les montagnes sont là. Tellement « là ». Stables, magnifiques, éternelles semble-t-il. Les sommets les plus hauts, au loin, sont enneigés. On a beau être québécois et avoir déjà vu de la neige, tout de même, ça vous émeut, ces trucs.

Nous concoctons donc le plan de faire un trek et d’aller se frotter pour quelques jours à ces grandioses spécimens, pour passer à pieds de la vallée de Kullu à la vallée de Spiti. Nous contactons un guide qui nous a été référé, Sonam. Il fournira quatre chevaux pour trimballer tout le « barda », histoire qu’on n’ait pas tout notre stock sur le dos. Et nous mitonnera de bons repas. On fera cinq jours de trek guidés par lui et son père, Tashi, âgé de 68 ans (!), incluant une passe à quelques 4200m d’altitude.

Trek, mais trek égal !

Nous rejoignons Sonam, Tashi et les chevaux le 18 septembre au matin : la température est idéale, le soleil étant au rendez-vous, entrecoupé de passages nuageux. La première journée est éprouvante, car toute en ascension, mais agréable. Nous établissons notre campement près d’une jolie rivière et, pendant que Sonam prépare le repas du soir, nous jouons de la musique (Jo a amené ses tablas : le luxe !) au milieu des moutons qu’un berger a emmené paître dans la région. Pittoresque. En plus, à quelques 3000m d’altitude, Jonathan se met à identifier d’autres plantes qui vivent aussi chez-nous ! Quelques tales d’agripaume, de rares pissenlits, un peu de plantain. Peut-être aussi du gotu kola, de la prunelle et une espèce de bardane, mais il n’est pas sûr, dit-il.

photo par Caroline Théberge

La deuxième et la troisième journée par contre, le temps se gâte : la pluie sévissant, nous devons nous contenter de courtes étapes, tentant de saisir les occasions où le temps semble s’éclaircir pour plier bagages et éviter que tout ne soit trempé. Pour en rajouter, une rivière, devenue trop vigoureuse et profonde à cause des pluies soutenues, nous barre la route. Que faire? Nous convenons d’attendre au lendemain matin pour tenter notre chance : si la pluie cesse pour quelques heures pendant la nuit, le courant devrait en effet diminuer et nous permettre de franchir cette étape.

Nous passons une journée sous la tente, égayée par la nourriture bien chaude de Sonam, qui nous offre un répit du froid le temps de quelques bols de soupe. Car oui, il fait froid, dans ces montagnes ! Quand le soleil est là ça va, c’est même confortable, mais quand il n’est pas là, Brrrr ! Et moi qui ai tellement de mal avec le froid, me voilà servie !

photo par Caroline Théberge

Matin du quatrième jour, joie : la pluie a cessé, la rivière a baissé, nous pouvons passer. Joie passagère : savez-vous combien c’est « frette », une rivière himalayenne ?! Houlala ! On en sort les jambes comme des blocs de glace ! Heureusement, il fait beau, on se remet en route, le sang afflue, on récupère. On récupère aussi notre retard des jours précédents, donc en plus de se farcir la passe à 4200m, on fait la moitié du trajet du jour trois. Dur sur les jambes, surtout les miennes, je ne suis pas Rambo, comme mon chum !

photo par Caroline Théberge

Marcher en haute altitude, c’est quelque chose. Ma fierté en prend un coup quand je dois demander des pauses, alors que Tashi (68 ans, rappelons-le), trotte allègrement devant. Nous franchissons la fameuse « Hampta pass » en après-midi, le temps de quelques clics de « Kodac » pour vos beaux yeux, et nous déguerpissons en vitesse car les rochers se désagrègent avec la fonte des neiges, et on n’en voulait pas sur le nôtre, de caillou ! Descente toute aussi ardue pour les jambes, flageolantes, mais le cœur rassuré par une pensée : « on installe le campement bientôt, on va pouvoir se reposer ! ».

Ben kin.

Il y a de la neige au sol là où on plante la tente. Euh… on n’a pas de sleeping d’hiver, nous ! Ni de vêtements d’hiver d’ailleurs. Boooon… pas de panique, pas de panique, ça ne ferait qu’empirer les choses, la situation étant ce qu’elle est. Ah… notre royaume pour une bucket d’eau chaude et un lit avec une grosse pile de couvertures ! On se pensait fins, on voulait faire un beau trek dans les montagnes… Non mais c’était quoi l’idée déjà ? Et puis d’abord, pourquoi on est en voyage, c’est quoi cette galère ? Non mais, le bordel.

Toujours est-il qu’on l’a passée, cette nuit, qu’on n’en est pas morts (mais pas forts non plus !) et que nous avons effectué la dernière étape du trek au petit matin. Nous avons ensuite patiemment attendu le bus, prévu pour 10h ou midi (ou jamais…). Attente récompensée, on saute en voiture, rêvant déjà à la douche chaude et au bon lit quand on entend ti pas un « ah ben, les cousins ! » bien québécois venant de deux compatriotes rencontrés précédemment à Amritsar.

« Spiti rocks ! »

L’eau chaude et le lit, donc. Oui… si on se rend ! La route est cauchemardesque, le bus semblant d’un côté constamment prêt à sombrer dans le ravin, de l’autre pouvant être l’innocente victime d’un éboulement de pierres meurtrières. Bienvenue à Spiti : le décor est ahurissant, un désert de pierre ou à peu prêt rien ne pousse, avec des falaises à couper le souffle. Il pleut, il neige. Le bus rebondi sans cesse à cause des cratères sur la route, nous envoyant valser au plafond avant d’atterrir brusquement sur la banquette, qui manifestement en a vu d’autres. Vive les voyages…

photo par Caroline Théberge

Enfin, la « Kaza »

On s’est finalement rendus à Kaza, modeste capitale de Spiti en un morceau mais toujours sous la pluie. On a trouvé où s’alimenter et une guest house accueillante où nous avons dormi au chaud. C’était l’essentiel, car mon corps transit n’en pouvais plus d’avoir froid, je n’arrivais plus à me réchauffer et j’étais bien au-delà des limites de ma résistance. Trois jours pour m’en remettre ! Comme le résumait Sonam, les montagnes sont de bonnes enseignantes de l’endurance et de la tolérance. Elles nous apprennent à repousser nos limites, à calmer nos peurs et à continuer à avancer, quoiqu’il arrive. Utile.

Après quelques jours de repos pour nous remettre de nos émotions, nous avons visité la région, ce qui veut dire que nous avons beaucoup marché en montagne sous un soleil de plomb. À part les montagnes (!), pratiquement rien ne pousse à Spiti : c’est comme un désert de pierre. Éreintant et magnifique. Le paysage ne ressemble en rien à ce que je connais, c’est étrangement époustouflant.

photo par Caroline Théberge

Encore du transport !

Saviez-vous qu’un bus indien est souvent 4 à 5 fois plus lent qu’un bus québécois, mauvaises routes obligent ?

De retour à Manali, (230 km, 12 heures de bus) entre deux brassées de linge sale, nous avons eu la chance de faire du parapente… moins épeurant que ça n’en a l’air cependant et la vue était hallucinante. (Je commence à être à court de superlatifs, il est temps que ce blog finisse !)

Nous sommes maintenant à Rishikesh, (340 km, 20 heures de bus) pour prendre un bain et faire le point avec « Maa Ganga », i.e. le Gange, ce fleuve sacré, encore propre à cette hauteur. Nous quitterons pour Delhi samedi, histoire d’aller prendre notre train pour Guruvayur au Kerala (50 heures de train), où nous attend le Dr. Shankar pour notre panchakarma et des études en Ayurveda.

Sur ce : shub din ! (i.e. Bonne journée, sous de bons auspices.)
Le prochain blog vous parviendra du sud de l’Inde !

photo par Caroline Théberge

8 comments to Moi mes souliers…

  • Claude

    Bonjour à vous deux,

    Quel beau récit….toujours trop court, même s’il est long à écrire pour vous.

    Bonne continuité…..je vous aime.

    Claude

  • Caroline Théberge

    Allô Claude ! Merci de ton commentaire, qui réponds à la question que moi et Jo nous posions : “est-ce que ce n’est pas un peu long?”. ;)
    Bises !

  • Azou

    Merci merci de nous offrir ces petites brèches, et nous permettre de voyager avec vous, le temps d’un thé.

    mille bises

    a.

  • Que de “majestuositées”! J’avais le souffle coupé sur les escarpements du cap Trinité, mais ça : It simply rocks!
    La terre est merveilleuse! On en prendra toujours plus soin; c’est mon souhait!
    Merci pour nous partager ces moments de périples intenses!
    Namasté!

  • France

    Bonjour, c’est toujours un plaisir de vous suivre dans vos aventures et surtout de nous faire si bien voyager. C’est pour moi le temps de m’arrêter pour une pose santé en votre compagnie.
    Merci ma belle chouette, embrasse Jonathan pour moi.
    Maman xxxx

  • Guylaine

    Quel beau cadeau de la vie que vous vous faites. Une somme d’expériences qui vous permet de vous connaître à la vitesse grand “V”. Ne sommes nous pas dans cette enveloppe charnel pour justement expérimenter? Dépasser nos limites, transgresser les règles que nous nous imposons nous-même. Pas besoin de personne pour cela. Nos peurs nous limites d’elles-même. Mais il est toujours plus agréable de les affronter en bonne compagnie. Cela nous permet d’échanger sur l’expérience par la suite et de valider nos impressions. Merci aux gens qui ont bien voulu vous accompagner et qui ont fait en sorte que cette expérience devienne pour vous deux un enrichissement. Merci à vous deux de reconnaître que parfois nous devons être guidé pour mieux intégrer une expérience. La témérité à parfois un prix que certains ont payé de leur propre vie! Je vous embrasse tous les deux et mes pensées vous accompagnent.
    Gros câlin! xxxxxxx

  • Merci pour ce beau récit avec de beaux paysages.

  • kathy

    super cela faisais longtemps que je n’étais venu sur votre blog ouahhhhhhh bonjour les jambes.. magnifique photos et compte rendu comme d’habitude bisous de Mathis à Jonathan ,il est de retour en France pour quelques temps. bye

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