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Macédoine indienne

Bole ! Bole ! en effet…

Le slogan touristique de l’Inde, « Incredible India », reflète les multiples contrastes, paradoxes et réalités surprenantes qui s’entremêlent en Asie du Sud. Les époques ne semblent pas se succéder tout à fait en Inde : elles se cumulent. Les ascètes yogis, les légendes traditionnelles, la télévision, les croyances variées, la science moderne, les charrettes à bœufs et les voitures de l’année s’entrelacent en une vaste foire technicolore. L’Inde ne cesse de nous fasciner et de défier notre entendement en se révélant sous de nouvelles facettes.

Petit en-cas sur la route

La coexistence des époques, des cultures, des religions et des styles de vie au sein d’un même espace engendre une bonne part de chaos qui nous inspire à la fois amour, étonnement et exaspération. Un chaos riche de splendeurs, de libertés, d’imprévus et de dangers, qui ne laisse personne indifférent. Les étrangers qui séjournent en Inde avouent souvent entretenir une relation d’amour – haine avec le pays, sans pouvoir vraiment s’en passer très longtemps.

Nous souhaitons maintenant vous partager dans ce blog quelques histoires incroyables « qu’on ne trouve qu’en Inde », suivies de quelques clichés rigolos que nous avons glanés dans notre périple, une macédoine indienne pour se dépayser un peu.

La politique mise à nu

Extrait traduit du livre Snakes and Ladder par Gita Mehta, éd. Doubleday, 1997, É.-U., p. 124

« En terme de pur panache idiosyncratique, le spectacle de la démocratie indienne est unique.

La gauche est droite ?

Où d’autre verrions-nous cent mille saddhus nus aux cheveux mattés rompre leur méditation et descendre de leurs cavernes dans les montagnes pour arpenter les murailles du parlement indien, verrouillées contre la masse grouillante de saints hommes brandissant des tridents de fer, déterminés à battre en brèche la citadelle nationale et bannir l’abattage des vaches ?

Où d’autre verrions-nous une foule d’eunuques et d’hermaphrodites habillés en saris de couleurs brillantes et alourdis de joyaux marcher dans la capitale pour démontrer leur opposition au « family planning », parce que cela diminuerait statistiquement leurs chances de naître. »

Le fakir qui ne mangeait pas

L’Inde regorge d’histoires incroyables de gurus qui vivent plusieurs centaines d’années et de saddhus qui peuvent se priver indéfiniment de nourriture et d’eau. Dans le cas de Pralhad Jani, 82ans, qui habite une petite grotte des collines de Gabbar à Ambaji, au Gujerat, la science a pu confirmer ce que les légendes affirment…

Un cas bien documenté

En 2003, une première expérience d’une durée de 10 jours a été menée au Sterling Hospital d’Ahmedabad. En 2010, le Defence Institute of Physiology and Allied Science (DIPAS) a mené une expérience pendant 15 jours en 2010 sous la supervision d’un bataillon de 20 spécialistes médicaux dirigés par le Dr. Sudhir Shah, neurophysicien renommé.

Pizza Hut peut aller se rasseoir

Dans les deux cas, Jani était surveillé 24/24 par des caméras et il a subit une batterie de tests médicaux variés. Bien qu’il soit considéré scientifiquement impossible pour un humain de vivre plus d’une semaine sans émettre d’urine, les investigations menées sur Prahlad Jani ont confirmé qu’il pouvait vivre sans boire, manger et sans excréter de selles ni d’urine.

La vie spirituelle de Jani aurait commencé à l’âge de 12 ans, à son premier contact avec la déesse Shrinath-ji qui plus tard l’aurait soulagé de ses besoins primaires. Les résultats cliniques démontrent que les hormones leptine et de ghreline, associées à l’appétit, atteignent des niveaux extraordinaires qui suggèrent que le jeûne lui procure un certain plaisir.

Simplicité désarmante

Autrement, Prahlad Jani ne semble pas baigner dans une aura d’outre monde : l’air plutôt simple, voire ennuyant, il n’a rien de grandiloquent, ne prêche pas de nouvelle voie spirituelle et il fait lui-même son ménage et son lavage à la main malgré son âge et la présence de quelques disciples disposés à l’assister. Il adore se retrouver seul et méditer.

Jani figure dans le récent film de Peter Straubinger, In the beginning, there was light, qui explore le phénomène consistant à vivre de l’énergie, du prana environnant, que le corps capte naturellement par la respiration.

De quoi lever un sourcil, si ce n’est déjà fait !

Lorsque nous voyageons en Inde, certains détails anecdotiques ont le don de nous interloquer, de nous amuser ou de défier quelque peu nos conceptions habituelles de la réalité. Quitte à verser un peu dans le sensationnalisme, voici en rafale une collection de clichés ayant retenu notre attention :

  • Il n’est pas rare de voir des gens dormir à même le bitume : aux heures chaudes de la journée, le moindre coin ombrageux est susceptible d’abriter des dormeurs, parfois même en bordure de l’autoroute.
  • Les toilettes publiques, par exemple celles d’un restaurant, servent souvent aussi à une famille : on peut s’attendre à y trouver des objets personnels, tels des brosses à dents ou des bacs de linge sale, entre lesquels il faut se frayer un chemin.
  • On trouve de tout à vendre dans les rues : nourriture, vêtements, massages, curetages d’oreilles. Certains se spécialisent dans la vente d’objets uniques et incongrus : montres aux milles fonctions, peignes en plastique, pièce cruciale de parapluie, « very good quality » safran. Bien sûr on y trouve aussi l’enfant qui vend des cartes postales ou des sacs de tissus colorés.
  • Les journaux regorgent d’annonces matrimoniales, souvent placées par des parents à la recherche de partenaire convenable pour leur progéniture. Peu lyriques, ils se concentrent sur des caractéristiques précises : type d’emploi, religion, caste, profil d’horoscope, etc. En revanche, la nouvelle vogue des vidéos de présentation fait appel à l’innovation et à la personnalité des célibataires.
  • Au alentours de certains temple, les dévots crachent dès 5h du matin une bruyante musique dynamique dans de puissants haut-parleurs, pour enfin nous accorder un peu de silence après le lever du soleil, vers les 7h… De quoi apprécier les mélopées lancinantes des muezzins qui sont tout aussi matinaux, prière musulmane oblige.
  • Les grèves de la faim sont encore un moyen de choix pour protester. Ainsi, l’automne dernier, les étudiants d’Aligarh, mécontents du peu de considération que leur accordaient les dirigeants de leur Université, ont entrepris de ne rien manger jusqu’à ce que leur droit d’être entendu soit honoré.
  • Rien ne vaut cependant une bonne auto-immolation pour émouvoir et mobiliser l’opinion publique. Une femme a cru nécessaire de commettre cet acte extrême pour empêcher la tenue d’un concours de beauté dans le sud de l’Inde dans les années ’90. La méthode reste populaire dans ce coin du monde.
  • Certains dévots jains poussent la non-violence aux sommets : ils balaient le sol devant eux en marchant pour éviter d’écraser des insectes et refusent de se laver pour ne pas tuer les micro-organismes vivant sur leur corps.
  • De rares aghoris tantriques côtoient de près la mort au quotidien : ils vivent de longues périodes près des bûchers funéraires et se nourrissent dans des crânes humains en guise d’écuelle.

La liste pourrait se perpétuer interminablement : chameau sans propriétaire qui galope en pleine métropole, armature chargée de babioles montée sur vélo en guise de magasin ambulant, festival où l’on s’asperge mutuellement de poudres colorées dans les rues, bref, on ne s’ennuie pas ici !

Faudra se retenir longtemps…
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