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L'ortie, une formidable alliée

Ortie piquante, photo par jamesrbowe

L’ortie est une formidable alliée qui nous motive et nous appuie dans nos épreuves. Elle aide en effet les glandes surrénales et le rein qui sont impliqués dans le mécanisme de la gestion du stress. D’ailleurs, l’ortie semble capable de remédier à l’inactivité ou à l’impotence de n’importe quel organe paresseux. L’ortie fait bouger le mucus là où il s’accumule, elle assèche l’humidité et le froid que l’hiver laisse derrière lui. D’autre part, cette plante aide aussi à évacuer les excès de chaleur en favorisant l’élimination des toxines et de l’acidité de l’organisme.

Autres noms : Urtica dioica (latin), Ortie piquante, Grande Ortie, Ortie Dioïque (Français), Nettle, Stingers, Stinging nettle (Anglais), Netel, Brennesselkraut (Allemand), Urtica (Espagnol)

Distribution : L’ortie est originaire de l’Eurasie et s’est rapidement répandue en Amérique. L’ortie adore les fosses septiques et les fossés. Elle s’épanouit aussi sur les sols contaminés ou enrichis de nitrates et de déchets d’acide urique.

Parties utilisées :
- Feuilles (selon les informations présentées ici)
- Jeunes pousses
- Graines (usages spécifiques)
- Racines (usages spécifiques)

Il est préférable de récolter les sommités des feuilles de l’ortie au printemps ou au début de l’été, avant que la plante ne devienne trop coriace.

Propriétés médicinales :

Nutritive et alcalinisante

L’ortie abonde en calcium, en magnésium et en fer, ainsi qu’en une foule de nutriments : vitamine bêta carotène, vitamines du complexe B, vitamine C et K, potassium, phosphore, zinc, manganèse et sélénium. Ses richesses minérales et ses capacités à éliminer l’acide urique en font une plante hautement alcalinisante. Prise régulièrement, son contenu riche en magnésium prévient les crampes musculaires et menstruelles.

Diurétique

Cette plante stimule la diurèse (la quantité d’urine produite) et contribue à éliminer l’acide urique qui s’accumule dans le système en les intégrants à des structures protéiniques complexes qui ont toutes les chances d’être traitées et utilisées par les organes du corps. Cette fonction convient parfaitement à ceux et celles qui souffrent de goutte, notamment. La racine d’ortie, pour sa part, est utilisée pour diminuer le nombre de nycturie ainsi que pour traiter l’hypertrophie de la prostate.

Tonique des reins et des surrénales

L’ortie tonifie le rein, organe associé à la motivation, aux peurs et à la résistance aux stress. C’est une formidable alliée qui nous motive et nous appuie dans nos épreuves. Elle aide en effet les glandes surrénales et le rein qui sont impliqués dans le mécanisme de la gestion du stress. Elle contrecarre aussi certains effets néfastes de l’adrénaline. La graine d’ortie, prise quotidiennement en infusion, est connue pour assister à la guérison et à la régénérescence de reins endommagés, épuisés ou dysfonctionnels (trophorestauratrice des reins).

Anti-prurigineuse et Anti-histaminique

L’ortie finit souvent par nous insensibiliser aux sensations de démangeaisons et aux petites irritations cutanées. Cet effet se répercute jusqu’à diminuer les réactions allergiques en réduisant les émissions d’histamine par les cellules de l’organisme. L’ortie convient pour soigner les irritations, les rougeurs et les petites bosses sur la peau, en cas d’eczéma inflammé par exemple. En compresses à l’externe (voir ci-dessous), elle soigne même admirablement les brûlures aux 1er ou 2e degrés et prévient le phénomène de vésication qui en résulte.

Styptique

Le contenu en vitamine K de l’ortie, facteur de coagulation, prévient les hémorragies, surtout les saignements internes et les menstruations abondantes.

Anti-hyperplasique

L’ortie semble particulièrement efficace pour réduire le volume des organes ayant un volume excessif, souvent par rétention de liquides (organes hyperplasiques ou hypertrophiques). Cet effet est notamment attribuable à ses propriétés diurétiques. Ses graines en infusion sont particulièrement efficaces à cette fin. En cas d’hypertrophie de la prostate, c’est plutôt la racine qui est recommandée.

Glycémiorégulatrice

Les oligo-éléments fournis par la plante, notamment le zinc, le manganèse et le sélénium, contribuent grandement à la stabilisation du taux de sucre dans le sang.

Effets sur la thyroïde

La graine d’ortie stimule les fonctions thyroïdiennes. Les feuilles d’orties peuvent diminuer spectaculairement le volume de la thyroïde lors d’hyperplasie ou de goitre, en cas d’hypothyroïdie. L’herboriste Susun Weed mentionne le cas d’une femme regrettant s’être fait désactivé la thyroïde à l’iode radioactif et l’ayant réactivée à l’aide de tisanes d’ortie (!).

Galactagogue

Les richesses nutritives de l’ortie sont bien sûr transmises via le lait maternel et, bien qu’elle ne stimule pas la production de lait maternel, elle contribue à lui donner du volume et à l’enrichir.

Indications :

  • stress, anxiété
  • épuisement, convalescence
  • anémie
  • perte de cheveux
  • ostéoporose
  • absence de miction
  • incontinence, nycturies (racine)
  • insuffisance rénale (graine)
  • hyperplasie de la prostate (racine)
  • problèmes de glycémie, diabète
  • démangeaisons, irritations cutanées, rougeurs
  • brûlures aux 1er et 2e degrés (feuilles en compresses)
  • allergies
  • hypothyroïdie, goitre
  • saignements internes, menstruations abondantes
  • absence de menstruations, leucorrhées
  • allaitement
Modes d’utilisation :

Nourriture : Les piquants de l’ortie se dissolvent instantanément à l’eau chaude. On peut apprêter l’ortie comme des épinards et ainsi l’intégrer aux pâtes alimentaires, aux potages, aux ragoûts, aux smoothies et tant d’autres préparations.

Jus frais : Boire de ½ tasse à 2 tasses par jour.

Infusion : Infuser 1-2 c. à table de plantes séchées ou fraîches par tasse pendant 10 minutes, boire de 1-4 tasses par jour.

Teinture : Ingérer 10-40 gouttes, 1-3 fois par jour. Utiliser un alcool à faible pourcentage (25-50%), un glycéré ou un vinaigre. La glycérine extrait bien le fer et le vinaigre les minéraux en général. Le vinaigre d’ortie constitue un liniment intéressant pour soigner les cheveux et le cuir chevelu. L’alcool d’ortie acquiert un bon potentiel stimulant et anti-histaminique, surtout celui fabriqué à partir de ses graines.

Compresses et liniments : On peut appliquer des compresses de feuilles d’ortie sitôt après une brûlure, ou bien sur le cuir chevelu pour le minéraliser et l’alcaliniser. Il faut pour cela la bouillir quelques secondes, puis en faire une pâte que l’on applique localement pendant une quinzaine de minutes et que l’on peut renouveler quelques fois.

Contre-indications :

  • La feuille de l’ortie est recouverte d’aiguilles d’acide formique, lesquelles se dissolvent instantanément à l’eau bouillante. Le contact avec la plante en externe, surtout fraîche, provoque une irritation, des démangeaisons et stimule la circulation périphérique à l’endroit atteint. Certaines personnes réagissent en plus de façon allergique et développent temporairement des inflammations, des rougeurs et des démangeaisons sur tout le corps.
  • Certaines personnes réagissent de façon excessive à toute forme de contact avec l’ortie, que ce soit une tisane de feuilles séchées ou les feuilles fraîches, par une inflammation parfois impressionnante de la peau. Cette condition s’est révélée temporaire et sans danger, sinon l’urtication. Les antidotes connus à cette condition sont le jus de l’ortie, l’impatience du cap, ou encore la feuille de plantain ou de patience crépue.
  • Quadruple l’effet anti-inflammatoire du médicament Diclofenac (Brinker).
  • L’ortie ne conviendrait pas aux gens qui prennent aussi du lithium.
Jeune feuilles d’ortie, photo par jupacri

Usages traditionnels :

Anciennement, les graines étaient employées en cas de goitre, de corpulence excessive et d’hyperplasie glandulaire (élargissement des glandes). En Russie, jusqu’en Sibérie, on mange les jeunes pousses d’ortie pour leur vitalité et leur potentiel nutritionnel, et l’on fabrique avec les branches une panoplie d’articles comme des cordages, des tissus ou même du papier. On a retrouvé des ouvrages en fibre d’ortie jusqu’à l’âge de bronze.

Composition :

  • Chlorophylle, Xanthophylle
  • Acides : formique, tannique, gallique, silique, galacturonique, glucoquinone, choline et acétylcholine, 5-hydroxytryptamine
  • Enzymes : sécrétine
  • Protéines : contient plus de protéines que n’importe qu’elle autre plante commune des régions tempérées
  • Minéraux : calcium, magnésium, phosphore, potassium
  • Oligo-éléments : fer, manganèse, sélénium, zinc
  • Vitamines : bêta carotène, B5, B9 (et autres du complexe B), C et K
  • Histamine dans les poils, phytostérols et phénols dans la racine

Du même auteur : Ortie – une alliée dans nos épreuves. Pour consulter l’auteur de cet article, visitez Espace Ayurvéda