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Le yoga pour équilibrer vata

Posture de l’enfant, par Jonathan Léger Raymond

Les trois doshas sont des principes utilisés en ayurvéda pour évaluer et décrire l’état de santé d’un individu. Ils servent à identifier les éléments de l’alimentation et du mode de vie qui lui seront bénéfiques ou non. (Lire L’équilibre des trois doshas pour en savoir plus). La pratique du yoga peut être adaptée afin de favoriser l’équilibre des doshas. Dans cet article, nous explorerons la pratique du yoga en fonction du principe vata, correspondant aux mouvements, rythmes et pulsations de vie dans l’organisme.

Caractéristiques du principe vata

L’archétype d’une personne de constitution principalement vata est une personne vive, agile, qui ne tient pas en place. Physiquement, la personne est plutôt mince, frileuse et elle a tendance à avoir une peau sèche. Ayant une imagination débordante, elle a un penchant naturel pour les activités artistiques, dans lesquelles elle se sent dans son élément. C’est une personne polyvalente, qui s’adapte facilement aux situations nouvelles.

Cependant, que vata soit notre constitution de base ou non, nous pouvons tous souffrir d’un excès vata causant un déséquilibre de ce dosha. Quand nous souffrons de symptômes tels que gaz, ballonnements, difficulté de concentration, anxiété, insomnie, émaciation etc. (consultez l’article Vata : la force biomotrice, pour plus détails), c’est que notre déséquilibre est lié à vata. Un signe caractéristique du déséquilibre vata est la douleur : une douleur vive, aigue.

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La pratique du yoga pour pacifier vata

Considérations générales

Puisque vata est de nature polyvalente, une personne en excès vata aura tendance à s’éparpiller dans diverses activités et pourra vite se sentir débordée. Il lui faudra se modérer (en faire moins) et aller vers des activités pacifiantes, calmantes, reposantes, même si elle aura alors peut-être l’impression d’aller contre sa nature.

En yoga, on recommandera aux personnes souffrant d’un excès vata de pratiquer avec modération et régularité, si possible à la même heure. La routine est en effet une clé importante pour équilibrer vata, qui se disperse facilement. Quand nous avons vata en excès, nous avons tendance à laisser tomber rapidement une activité au profit d’une autre, à entreprendre plusieurs choses en même temps. Nous avons de la difficulté à aller au bout de ce que nous entreprenons. Nous bénéficierons donc d’un engagement clair avec nous-mêmes de nous dédier avec constance à cette pratique, pour une certaine période de temps.

Vata étant responsable des rythmes biologiques, la pratique du yoga pour rééquilibrer vata se devra d’être confortable et non essoufflante, afin de ne pas brusquer les processus naturels du corps, comme l’appétit, le transit intestinal et l’équilibre hormonal, qui se dérèglent plus aisément lorsque vata se trouve en excès.

L’importance de l’enracinement

Comme vata a plus d’affinités avec le « subtil », (il se comporte comme les éléments air et éther) les personnes souffrant d’un excès de ce principe se sentiront plus facilement déracinées et perdront plus facilement leur centre. Pendant la pratique, elles devront donc se concentrer davantage sur la sensation de lourdeur, d’ancrage, de contact avec le sol.

Le rythme de la pratique

Vata étant de nature mobile, on recommandera les types de yoga où les postures sont tenues longtemps, tel que l’hatha yoga, plutôt que les types de yoga vinyasa faits de séquences de mouvements fluides et enchaînées rapidement. Le yoga restaurateur ou yin yoga, intégré à la pratique au moyen de quelques postures par séance, lui sera d’un grand support.

Les types de postures

Les étirements seront à privilégier puisque les types vata développent facilement des raideurs. On privilégiera les étirements dans les postures au sol assises et couchées, toujours dans l’intention de favoriser la sensation d’enracinement.

Exemples de postures d’étirement : posture de la tête au genou (janu sirshasana), posture du sage Marichi (marichyasana), grand écart au sol (upavistha konasana), torsion assise jambes croisées (parivrtta siddhasana), étirement de la jambe en position allongée sur le dos (supta padangusthasana). La salutation au soleil, exécutée lentement, sera aussi excellente pour délier les raideurs propres à vata.

On ne négligera pas en même temps de travailler la force, dans l’optique d’augmenter la masse musculaire. On cherchera aussi à générer de la chaleur, particulièrement au niveau du système digestif, en renforcissant les muscles de la sangle abdominale.

Exemples de postures pour travailler la force : bateau (navasana), étirement de l’est ou « plan incliné » (purvottanasana), posture du bâton sur quatre appuis (chaturanga dandasana).

À cause de la propension à développer de la nervosité et de l’anxiété quant vata se trouve en excès, le système nerveux (SN) sympathique a besoin d’être détendu : les flexions avant sont les reines en ce domaine et permettent par le fait même au SN parasympathique d’être actif. Les fonctions biologiques, gérées par ce dernier, fonctionnent alors plus naturellement.

Exemples de flexions avant : étirement de l’ouest (paschimottanasana), enfant (balasana).

Les inversions, qui drainent le sang des organes et des extrémités vers le cerveau et particulièrement l’hypophyse, sont excellentes pour réguler toutes les fonctions du corps en agissant sur le système endocrinien.

Exemples de postures d’inversion : équilibre sur la tête (sirshasana) qui est réchauffante, équilibre sur les épaules (sarvangasana) qui est calmante pour le SN, inversion supportée (viparita karani asana).

Les extensions, ou flexions arrières, seront à utiliser avec modération puisqu’elles ont tendances à stimuler le SN sympathique : on privilégiera les extensions passives, supportées par des accessoires, pour leur aspect relaxant et calmant au niveau émotif.

Exemples d’extensions passives à privilégier : posture de repos avec extension du dos supportée (salamba supta baddha konasana) par traversin(s), bloc(s) ou couverture(s). Ces postures ouvrent le coeur et contribuent à détendre les tensions dans les épaules et le cou.

La relaxation est essentielle dans toute pratique visant à régulariser vata :il faut aller vers l’immobilité, réduire le mouvement. La posture du cadavre (shavasana) devrait être exécutée pour un minimum de 10 minutes par jour.

Autres pratiques

Le yoga ne se limite pas aux postures ! Voici d’autres pratiques yogiques pouvant être judicieuses pour apaiser les excès vata.

On mettra l’accent sur les exercices de respiration (pranayamas) simples, lents et profonds, comme la respiration yogique complète avec ujjayi pranayama.

Les mudras qui harmonisent les hémisphères, par exemple bhairava mudra, pourront être utilisés, ou encore shanmukhi mudra, qui a pour fonction de couper les stimuli (oreilles, yeux, nez, bouche) pour ramener les sens vers l’intérieur et ainsi atténuer la sensation d’être dispersé.

On utilisera moola bandha pour se réchauffer et s’ancrer.

Le yoga nidra conviendra particulièrement aux types vata pour la relaxation profonde qu’il procure.

Soigner par le yoga les pathologies reliées aux déséquilibres vata

Lorsque vata est en déséquilibre, les premières manifestations physiques apparaissent au niveau du gros intestin, sous forme de gaz, notamment. Pour maintenir le gros intestin en santé, on privilégiera les postures étirant l’abdomen, telles que le poisson (matsyasana), la foudre couchée (supta vajrasana) ou le héros couché (supta virasana), ou encore des postures telle que la flexion avant avec une jambe repliée devant comme dans le pigeon (eka pada rajakapotasana), le talon de la jambe devant qui nous masse alors le ventre. Les torsions seront également efficaces, surtout celles qui étirent le bas du ventre.

Voir aussi l’article Ballonnements, ça gaz ? pour les postures bénéfiques à vata avec ce type de problématique.

Les étirements latéraux seront dans les cas de constipation d’une surprenante efficacité, ainsi que la fameuse posture du « squat » indien, qui facilite l’élimination, surtout lorsqu’elle est maintenue longtemps. Laver son linge à la main dans cette posture fait des merveilles !

Les rythmes biologiques ayant tendance à se dérégler chez vata, on lui recommandera les postures suivantes pour la santé du système endocrinien : posture de l’arc (dhanurasana), cobra (bhujangasana), sur la tête (sirshasana), sur les épaules (sarvangasana), la charrue (halasana), ainsi que la salutation au soleil (surya namaskar).

Pour l’insomnie, courante quand vata s’aggrave, on recommandera particulièrement les flexions avant comme « l’étirement de l’ouest », l’ouest référant ici à tout l’arrière du corps (paschimotanasana), mieux connu sous le nom de « posture de la pince ». La posture de l’enfant (balasana), ainsi que le yoga nidra et les pranayamas mentionnés dans cet article, seront également utiles. (voir aussi l’article : Quand morphée nous boude)

Pour en savoir plus sur les trois doshas, consultez Ayurvéda Révolution et visionnez leurs vidéos didactiques