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Le yoga pour équilibrer kapha

Yoga Kick Caro

Coup de pied de Caroline, photo par Jonathan L. Raymond

Les trois doshas sont des principes utilisés en ayurvéda pour évaluer et décrire l’état de santé d’une personne. Ils servent à identifier quels éléments de l’alimentation et du mode de vie, quelles activités ou substances seront bénéfiques à notre état de santé. Pour en savoir plus au sujet des doshas, lire l’article intitulé : l’équilibre des trois doshas. Notamment, la pratique du yoga peut être adaptée afin de favoriser l’équilibre des doshas, en suivant les principes de base enseignés en ayurvéda. Dans cet article, nous explorerons comment ajuster cette pratique lorsque le principe kapha, correspondant aux notions de stabilité, de protection et de préservation de l’organisme, est en excès et que nous souhaitons y remédier.

Caractéristiques du principe kapha

L’archétype d’une personne de constitution principalement kapha est une personne résistante physiquement, stable émotionnellement, portée à être bien en chaire, aimant la vie et les plaisirs des sens. Les « types kapha » passent pour de bons vivants, appréciant le confort et menant leur vie tranquillement. Ce sont des êtres sensuels, patients, dotés d’une saine volonté de survie. Ils aiment la routine et ont des relations familiales et conjugales solides et stables. Souffrant parfois d’attachement excessif au plan matériel, ces personnes auront par ailleurs de la difficulté à lâcher-prise lorsqu’elles perdent un objet ou un être aimé.

Lorsque kapha est en excès, l’esprit devient paresseux et conséquemment les personnes ont tendance à prendre du poids, à devenir déprimées, à rechigner lorsqu’elles doivent s’activer. L’énergie circule au ralenti et de manière peu efficace : on se sent fatigué, dort trop et avons possiblement les extrémités froides. Le siège de kapha se situant principalement au niveau des poumons, les personnes à dominance kapha développent des pathologies du système respiratoire, particulièrement celles impliquant une accumulation de mucus.

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La pratique du yoga pour pacifier kapha

Considérations générales

Répugnant à sortir de leur zone de confort, quand viendra le temps de choisir un cours de yoga les personnalités kapha iront spontanément vers les cours de relaxation, la détente en profondeur et le « yin yoga ». Malheureusement pour les gens se trouvant en aggravation de ce dosha, ce n’est pas le type de yoga qui leur conviendra s’ils souhaitent s’activer et ainsi rééquilibrer kapha.

Une pratique dynamique et soutenue

Disons-le d’emblée, rééquilibrer kapha est une tâche inconfortable, qui demandera discipline, intensité soutenue, ardeur et… sueur ! Le mot d’ordre sera de s’activer, de se stimuler, de faire des séquences d’asanas plutôt aérobiques, vigoureuses et essoufflantes.

On leur recommandera une pratique régulière et fréquente, au minimum 3 fois 1h30 par semaine. Parmi les types de yoga convenant le mieux pour équilibrer kapha sont par exemple le yoga ashtanga, le yoga en salle chauffée, le power yoga et le kundalini yoga.

Bien sûr, les gens auront alors l’impression d’aller contre-nature et auront certainement envie d’abandonner leur cours ou encore de détester leur professeur ! Qui a dit que la voie de l’équilibre était facile ? Néanmoins, la plupart ressentiront après de telles pratiques une sensation de bien-être, de légèreté, qui les fera revenir – puis à nouveau se maudire – sur leur tapis.

Au-delà de ses limites et à l’écoute du subtil

Dans leur pratique, on conseillera aux types kapha de porter une attention aux sensations subtiles, et d’imaginer ou sentir le prana irradier jusqu’au bout de leurs extrémités (sommet de la tête, coccyx, bout des doigts, bout des orteils), telle une étoile pointant vers l’extérieur. Contrairement aux types vata et pitta, qui devront davantage rechercher le confort dans leur pratique car ils ont tendance à dépasser leurs limites, les types kapha seront encouragés au contraire à se dépasser, à se familiariser avec l’inconfort que leur apportera un sain épuisement.

Les types de postures

En termes d’asanas, les salutations au soleil nombreuses et assez rapides seront toutes indiquées, de même que les équilibres sur la tête, de nature réchauffante, avec précaution toutefois dans les cas de surpoids et toujours avec un enseignement sécuritaire avec un professeur certifié préalable à la pratique en solo.

Comme kapha a tendance à développer des problèmes dans la zone thoracique (poumons et coeur) on s’assurera de tonifier cette région et de renforcir les bras, extensions énergétiques du coeur et des poumons, avec des postures telles que celles du poisson (matsyasana), l’arc (dhanurasana), l’arc vers le haut (urdhva dhanurasana), ou encore le chameau (ushtrasana), toutes stimulantes pour le système nerveux sympathique ainsi que vivifiantes pour le système immunitaire. Les postures qui demandent de la force et de l’endurance, comme celle du chien tête vers le bas (adho mukha svanasana), du bateau (navasana) , de la planche (phalakasana) ou du guetteur (chaturanga dandasana, littéralement « bâton avec quatre membres en appui »), seront aussi appropriées.

Les postures debout seront à privilégier. La séquence des trois guerriers (virabhadrasana 1, 2 et 3), qui ne raffermissent pas que le corps, mais aussi le mental en augmentant le pouvoir de détermination, seront un brillant atout lors d’une pratique visant à pacifier kapha.

Les postures visant à augmenter la mobilité et l’espace au niveau de la cage thoracique seront intéressantes pour dégager l’énergie stagnante : on pense entre autres aux flexions latérales, comme dans la posture du triangle (trikonasana) et aux torsions debout comme dans la posture du triangle inversé (parivrrta trikonasana).

Les flexions avant, qui compriment la cage thoracique et favorisent l’introversion, seront à utiliser en contre-posture et avec modération, ni trop longtemps ni trop en profondeur.

Côté pranayama, on leur recommandera les kapalabhati et bastrika, qui apportent vivacité au plan mental et chaleur à l’organisme en faisant circuler l’énergie stagnant dans les canaux énergétiques.

Autres pratiques

La répétition de mantras favorisant la persévérance et le courage de se dépasser est toute indiquée. L’un d’entre eux est celui prononcé en l’honneur de Ganesh, divinité qui écarte les obstacles : « Om Gam Ganapataye Namaha ».

La pratique de la relaxation ou du yoga nidra conviendra aux types kapha surtout pour les aider au plan psychologique à renforcir leur détermination et à persévérer dans leur sadhana, en choisissant un shankalpa (intention personnelle) en conséquence. Cela dit, ils ne devront pas abuser de cette technique et ne devraient pas en faire leur pratique principale, puisque celle-ci est essentiellement relaxante et convient généralement mieux aux types vata et pitta.

Soigner les pathologies reliées aux déséquilibres kapha par le yoga

Pour soigner les affections aux poumons, y compris l’asthme : pratiquer régulièrement la posture du poisson (matsyasana) et autres postures d’ouverture de la zone thoracique, combinées avec des respirations (pranayama) profondes. Utiliser la respiration kapalabhati (qui signifie « crâne brillant ») entre les crises, cette respiration ayant pour fonction de nettoyer et de dégager les sinus et les voies respiratoires, rendant ainsi l’esprit et le corps clairs et « lumineux ».

Pour les lenteurs digestives, circulatoires ou autres troubles des métabolismes lents, on utilisera définitivement kapalabhati régulièrement, car cette respiration augmente le feu digestif et procure un bon massage des organes de l’abdomen. Assurez-vous alors de manger léger le soir (en tous les cas une bonne recommandation générale pour kapha en excès) et pratiquez le matin, à jeun, idéalement après être allé à la selle. Toutes les postures de flexions arrières, qui tonifient le système nerveux sympathique et augmentent la vitalité, seront bénéfiques également à cet effet. On pense aux postures telles que le poisson (matsyasana) et le chameau (ushtrasana) par exemple. Les salutations au soleil (surya namaskar) vigoureuses et prolongées contribueront aussi à activer le métabolisme en général.

Par ailleurs, n’oubliez pas de renforcir la sangle abdominale avec des postures telle que le bateau (navasana) ou encore de bons vieux « sit-ups » (redressements assis), tout en évitant de bloquer le souffle en expirant bien pendant la contraction.

Pour en savoir plus sur les trois doshas, consultez Ayurvéda Révolution et visionnez leurs vidéos didactiques