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Le paradis sous nos pieds

photo par rams_on

Nous savons que notre système économique dans son état actuel n’est pas viable à long terme. Nous épuisons les ressources planétaires et endommageons l’environnement de manière potentiellement irréversible. Tourné en Angleterre, le film A Farm for the Future, nous démontre que notre mode d’agriculture repose entièrement sur les réserves pétrolières limitées de la planète qui déclinent de plus en plus rapidement. Si nous voulons éviter la famine, il nous faudra produire notre propre nourriture.

Nature, harmonie et simplicité

Peu de gens réalisent qu’il existe d’autres modes de vie liés à la Terre que celui du cultivateur qui vend ses légumes ou ses produits de la terre au marché. Les matières premières sont si dévaluées qu’il faut vendre des centaines de kilo de pommes de terre pour obtenir des biens de consommations.

photo par Caroline Théberge

Étant moi-même déjà convaincu que nous nous compliquons beaucoup trop la vie, je suis abasourdi de constater à quel point l’humanité est convaincue que le travail de la terre est fastidieux. Or, vivre de la terre n’est pas si difficile si l’on vise l’autonomie et que l’on sait comment si prendre. Il nous reste à nous réapproprier la terre et à redécouvrir son abondance.

Nous voulons vivre plus près de la nature et être réellement respectueux de notre environnement, non seulement effectuer quelques gestes cosmétiques pour nous donner bonne conscience.

Vivre en nature est pour nous vitalisant, réjouissant, nourrissant. La vie devient si agréable que nous avons moins besoin de vacances, moins besoin d’autres grands espaces, puisque notre milieu de vie nous laisse respirer.

Dix mille ans d’agriculture

Dans les Aranyakas, les anciens textes des forêts de l’Inde, on relate que les sages des Himalaya se sont réunis pour discuter des dangers de voir les humains s’accumuler dans les villages, de quitter les forêts et les couper pour pratiquer l’agriculture extensive et ainsi tirer un revenu de la terre. (voir le film Ayurveda, the art of Being, du réalisateur Pan Nalin)

Cela fait quelques dix mille ans que nous pratiquons la monoculture, essayant de séparer nos vies des contingences de la Terre et de la nature. Après 3000 ans d’agriculture, la grande civilisation sumérienne est disparue car ses terres se sont salinisées suite à une agriculture trop intensive.

Aujourd’hui, sans les fertilisants, fabriqués à base de pétrole, la plupart des terres agricoles de la planète seraient complètement stériles. Nous n’avons aucun repère pour constater nos erreurs et il nous est difficile de comprendre que nous nous sommes égarés sur certains points.

Des exemples pour nous indiquer la voie

En 1978, Masanobu Fukuoka amorce le courant moderne de la permaculture, en publiant son livre « La révolution d’un seul brin de paille ». Il a établit pour nous la philosophie de la permaculture et balisé le concept, mais autour du globe plusieurs individus découvraient déjà que, pour peu qu’on suive son élan vital, la nature peut accomplir pour nous un véritable paradis sur Terre.

Terre d’abondance

Le film Ancient Futures se base sur l’expérience millénaire de paysans indiens du Ladakh et démontre comment l’autonomie par le travail de la terre et la recherche de l’abondance peut être une tâche beaucoup plus facile et agréable que de maintenir un mode de vie effréné comme le nôtre. Ce qui fait toute la différence, c’est de cultiver la terre pour s’en nourrir plutôt que de l’utiliser comme principale source de revenu.

Les miracles de la permaculture

photo par planet a.

La permaculture est une approche systémique visant à créer un écosystème riche en nourriture et en ressources dans lequel s’intègre des sociétés humaines harmonieuses, équitables et écologiques. La thèse de Masanobu Fukuoka veut que plus les conditions de culture sont semblables au milieu naturel d’une plante, plus le rapport entre la récolte et les efforts déployés sera favorable. Les compagnonnages judicieux, les interactions et les synergies entre les divers éléments d’un écosystème réduisent les interventions, le travail et le transport nécessaires. De plus la permaculture s’appuie sur une éthique qui consiste a prendre soin de la Terre, des animaux et des humains, de limiter sa consommation et de distribuer les surplus.

Les adeptes de la permaculture en Angleterre comme Patrick Whitefield, encouragent la biodiversité, la croissance de zones boisées et de plantes comestibles indigènes. En agissant ainsi, ils doublent la quantité de nourriture produite par acre, comparativement aux meilleurs rendements de l’agriculture moderne.

De plus, affirme Chris Thicson dans A Farm for the Future, une fois l’écosystème établit, produire toute cette nourriture représente à peine l’équivalent d’une journée par semaine de travail ! En coopérant avec la force et l’abondance incroyable de la nature, nous pouvons vivre beaucoup plus facilement qu’en s’y opposant, comme notre mode de vie le fait actuellement.

La richesse d’Ibrahima Fédior

Par ailleurs, près de Dagana au Sénégal, Ibrahima Fédior s’est occupé d’un vaste terrain en désertification pour y planter à lui seul une forêt de 250 000 arbres. Voici un extrait de son aventure :

« Ce n’est pas le désert mais presque. (…) Seuls les troncs desséchés de ceux qui sont morts et quelques acacias perdus dans un océan de sable rappellent les temps anciens. (…) Au milieu de ces terres arides, telle une oasis, une magnifique forêt surprend le visiteur : 250 000 arbres, pour la plupart des eucalyptus dont certains atteignent 40 mètres de haut. Il y règne une fraîcheur inhabituelle. (…) “Il y a onze ans quand j’avais demandé ces terres, le Conseil rural n’avait pas hésité à me les affecter car personne n’en voulait. Les gens me considéraient comme un fou. Aujourd’hui, voyant mes arbres ils veulent reprendre leurs terres.” De fait, les populations de Gaya, dans le village voisin, n’en reviennent pas. “C’est tout près de nos champs qu’il a réussi ce miracle…” »

Débélé, Malado. Environnement, les bons “plants” des Africains, Un « fou » plante une forêt de 250 000 arbres, Syfia International, juillet 2002.

Le mouvement de la ceinture verte

Au Kenya, Wangari Maathai a fondé avec l’aide de plusieurs autres femmes le « Mouvement de la ceinture verte », responsable de la plantation de 30 000 000 d’arbres en Afrique depuis 1977. Elle est devenue la première récipiandaire Africaine du prix Nobel de la paix. Elle déclara alors « Le développement durable, la démocratie et la paix sont indivisibles. L’industrie et les institutions internationales doivent comprendre que la justice économique, l’équité et l’intégrité écologique valent davantage que les bénéfices à tout prix ».

Ibrahima Fédior pense que le Mouvement de la ceinture verte réussirait encore mieux s’il faisait davantage valoir les avantages économiques à court terme de la reforestation aux fermiers sénégalais préoccupés par leur survie plutôt que de les appeler à la solidarité écologique.

Les pionniers du Québec

photo par planet a.

Le Québec aussi voit naître des initiatives ça et là, comme l’atteste le Réseau québécois sur la permaculture qui facilite le réseautage et le partage d’information sur le sujet. Le Centre Nature et Santé de St-Jérôme fait aussi la promotion de la permaculture et du jardinage auto-fertile

Pour sa part, Yves Gagnon pratique et enseigne au Québec le jardinage auto-fertile, une agriculture simple et non-interventive qui demande beaucoup moins de travail à long terme, utilisant les synergies et les coopérations entre les espèces végétales. Il a d’ailleurs publié quelques excellents livres sur la culture écologique, notamment des plantes légumières.

Se réapproprier la nature

Habiter la terre, cette base essentielle de notre patrimoine permet de gérer ses ressources avec un plus grand souci que ne le fait actuellement le modèle de développement adopté par nos sociétés modernes. C’est pourquoi en tant que couple, moi et Caroline voulons acquérir une terre.

photo par suvajack

Alors que la majorité des terres productives de la planète sont entre les mains d’intérêts économiques majeurs et des corporations, il ne faut pas sous-estimer la capacité que nous avons de se réapproprier la terre afin de la valoriser autrement.

Je brûle de réapprendre à apprivoiser la nature, de faire davantage partie de la solution que du problème. C’est dans cette logique que j’ai commencé à m’instruire sur les plantes médicinales et les soins naturels.

Un problème ne peut être résolu par la façon de penser qui l’a engendré, disait Einstein, et soyez vous-mêmes le changement que vous souhaitez voir en ce monde, disait Gandhi. Voilà, il me semble, de bien sages conseils.

1 comment to Le paradis sous nos pieds

  • Guylaine

    L’oeil qui voit deviendra-t-il la main qui agit ? Les jeunes adultes doivent t’ils s’approprier et réparer les erreurs de leurs aînés ? Pourront t’ils faire mieux ? Sauront t’ils faire la différence ? Ou, comment dans l’histoire de l’humanité, c’est dans l’urgence que s’installe le changement ! L’homme a un sacré défaut qui peut causer sa perte, il a une très courte “vue” associée à un goût pour le plaisir et la facilité. Méchant “cocktail” pour une vision à plus long terme.

    10 000 ans de monoculture, 10 000 ans… et nous en sommes encore à convaincre, à expérimenter autre chose. Je ne veux pas “péter” votre balloune… mais la tâche est collossale ! Mais… il faut un début à tout et des visionnaires qui savent porter leur regard et leurs convictions plus loin que dans leur cour.

    En passant…j’ai un nouvel élève qui vient du Sénégal. Il se nomme Ibrahima…Je vais demander à ses parents si c’est en l’honneur de Ibrahima Fédior. C’est drôle que tu en parles justement.

    Câlins xxxx ( partage aussi avec Caroline )

    P.S. Le blog…j’adore!

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