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De retour en Inde

photo par Jonathan Léger Raymond

Notre séjour au Sri Lanka s’est poursuivit paisiblement à Unawatuna, où nous avons fait plusieurs représentations musicales au restaurant chez Jina, de riches et précieuses expériences. Le Sri Lankais Upali nous accompagnait le plus souvent à l’harmonium et parfois à la flûte, son répertoire complétant bien le nôtre. Nous avons aussi appris à gérer quelques situations inconfortables, par exemple lorsque le tempura box ne fonctionnait pas, que nous devions récupérer une transition musicale ratée, que la pluie se mettait de la partie ou qu’Upali s’écartait du rythme en toute insouciance.

Nous sommes très fier de ces séances : nous avons cassé la glace en jouant devant un public, Caroline a improvisé à brûle pourpoint des mélodies au mélodica et une belle chimie s’est installée entre nous. Nous avons réussi à créer une ambiance discrète et agréable pour le moment du repas tout en satisfaisant les oreilles attentives de détails et d’inflexions musicales plus riches. Plusieurs personnes nous ont transmis leurs compliments, croyant parfois que nous étions des musiciens professionnels ou même en tournée !

photo par Caroline Théberge

D’autre part, Caroline a offert de prendre en charge le service aux tables en soirée à ce même restaurant. Elle a ainsi confirmé ses aptitudes naturelles pour le service à la clientèle tout en aidant Jina, personnage sympathique, à offrir ses délicieux plats attentionnés. Elle a adoré son expérience et resplendissait tout en butinant et s’affairant d’une table à l’autre telle une abeille hospitalière.

Avant de quitter la plage, Caroline a dégotté un vélo et filé le long de la côte sud pour quelques jours en solo. Une belle aventure, et de chouettes retrouvailles : après six mois passés ensembles presque 24/24, un peu de distance était bienvenue et nous a fait réalisé les vertus de l’éloignement occasionnel pour raviver l’affection mutuelle.

photo par Caroline théberge

À son retour, nous avons fait notre première expérience de snorkeling. Ce fut une révélation de voir tout ces poissons multicolores jouer si près de la plage que nous fréquentions d’ordinaire, un univers sous-marin à notre portée qui nous a littéralement enchantés. On comprend maintenant les adeptes mordus de la plongée.

Par ailleurs, Jonathan a eu l’occasion de figurer brièvement dans un film allemand mettant en vedette un superbe voilier deux-mâts comme il ne s’en fait plus, au port de la ville voisine de Galle. Pittoresque.

Les créatures exotiques étaient au rendez-vous : nous avons observé un lézard monitor géant d’au moins 2 mètres de long ainsi qu’un superbe martin pêcheur venus festoyer sur les insectes exposés sur le gazon fraichement coupé par le propriétaire de notre guest house. Nous avons aussi aperçu de long serpents, un scarabé géant, une tortue de mer, des pélicans un caméléon ainsi qu’un gros scorpion écrasé sur la chaussée.

Le temps est ensuite venu d’aller visiter la ville renommée de Kandy dans les montagnes, notamment pour y obtenir notre visa indien. Si le climat tempéré nous a d’abord donné du pep, la température est devenue ensuite plutôt déprimante, avec deux semaines ennuagées et ponctuées de pluies, alors que nous avions déjà eu plus de journées grises et venteuses que de beau temps à Unawatuna. La petite ville de Kandy, son magnifique jardin botanique, les balades en train dans les montagnes et les jardins de thé à Ella ne manquent pas de charme, cela dit.

photo par Jonathan Léger Raymond

Nez en moins, nous avions hâte de retrouver l’Inde, de renouer avec les gens « de notre espèce » et les voyageurs de longue haleine, plutôt que les vacanciers d’une autre génération. Sitôt arrivé à Chennai, au Tamil Nadu, nous sentions la différence et retrouvions avec joie l’ambiance et les saveurs des boui-bouis à masala dosa. Difficile d’expliquer ce je-ne-sais-quoi qui nous manquait, outre cette subtile odeur caractéristique qui perfuse l’Inde toute entière.

Après trois heures de taxi – au diable la dépense, on est rendu au « stade taxi » du voyage ! – nous somme arrivés à Auroville, une communauté spirituelle de quelques 50 000 âmes près de l’ancienne colonie française Pondicherry.

Auroville regroupe de nombreuses communautés de gens de tous les pays, dont une moitié de nationalité indienne, ainsi que quelques villages de populations locale tamil. Les communautés portent des noms tels que Vérité, New Creation, Buddha Garden ou Aspirations et leurs modes de fonctionnement ainsi que leurs architectures diffèrent énormément. Les constructions sont parsemées d’arbres, de végétation et d’étendues boisées, ce qui donne un caractère idyllique à l’environnement d’Auroville.

photo par Jonathan Léger Raymond

Auroville est un projet fondé sur des aspirations spirituelles, fonctionnant de manière démocratique et destiné à préserver la diversité humaine et à favoriser l’évolution des sociétés. C’est un macadam hallucinant de gens progressistes, épris de liberté, de nature et de spiritualité. Les activités à participer sont légions : bénévolat, yoga, méditation, jardinage, musique, etc. En somme, il y aurait un chapitre entier à écrire sur Auroville mais nous vous laisserons faire vos recherches sur Internet si ça vous intéresse.

De retour à notre récit donc, nous avons atterri à la communauté d’Evergreen où loge notre ami Jean-François, qui a bâtit ce site Internet, d’ailleurs ! Nous avons logé tous ensemble dans une fantastique hutte sur pilotis de deux étages, munis de morceaux de tissus en guise de mur, d’une petite table et d’un coffre pour y ranger nos effets précieux. La douche et la toilette, non loin, sont en terre cuite, en bois et en pierre et nous avions accès à une cuisine commune que se partagent une dizaine de résidents de la communauté.

photo par Jonathan Léger Raymond

Un enfant se balade nu, il y a des arbres partout, l’électricité fonctionne avec des panneaux solaires, bref, c’est le paradis des néo-hippies. Malheureusement, tout est réservé jusqu’au mois de mars et nous n’avons pas beaucoup d’espace à trois dans la hutte, notamment pour le yoga matinal ou pour pratiquer le tabla. Nous avons donc trouvé une très belle chambre fraîchement construite et impeccable, après de nombreuses visites car tout est loué des mois d’avance en cette saison à Auroville.

Cela fait maintenant une semaine que nous multiplions les imbroglios avec notre scooter, presque essentiel pour profiter pleinement des lieux, et l’on vous épargne moults détails et agacements.

photo par Jonathan Léger Raymond

Enfin, nous avons la chambre, le scooter fonctionnel (pour combien de temps encore ?), une cuisine bien fournie et nous nous habituons aux rythmes d’Auroville : une myriade d’activités où l’agenda est de mise pour ne pas manquer les horaires particuliers à chaque endroits. Auroville nous interpelle, mais l’intensité est un peu intimidante à prime abord, il faut y trouver sa place.

Éventuellement, nous avons trouvé des endroits où faire du bénévolat dans nos domaines respectifs : Caroline auprès des enfants avec déficiences au centre Deepam et Jonathan au service du jardin de plantes médicinales du jardin botanique d’Auroville. Les meilleures nouvelles sont donc à venir, nous vous raconterons en détail dans le prochain blog.

En terminant, nous devons impérativement faire l’éloge de la nourriture Aurovillienne : nourriture indienne traditionnelle et créative, légumes crus et biologiques, germinations, fromages de toutes sortes, chocolats fins, café espresso divin et plus encore. Le meilleur de l’orient et de l’occident réunis, parfois même au menu d’un seul buffet coûtant un maigre trois dollars. Nous sommes comblés par toutes ces opportunités gustatives et réjouis de pouvoir en plus cuisiner à notre guise.

On aime :

  • Le gros pélican mouillé
  • Les curries de courges à la cannelle
  • Les journées chaudes-juste-ce-qu’il-faut et les nuits fraîches
  • La musique indienne

On aime moins :

  • Les rice and curry sri lankais servis le plus souvent froids
  • Vénérer une dent volée au temple bouddhiste de la sacred tooth relic à Kandy
  • La musique indienne… à 4h du matin
photo par Jonathan Léger Raymond
photo par Caroline Théberge

2 comments to De retour en Inde

  • Jean Robillard

    Bonjour à vous deux,
    Quand je vous lis, je suis fasciné par cette expérience extraordinaire que vous vivez.
    «Jeunes sans frontières». Voilà comment je vous perçois, vous et bien d’autres de votre génération.

    Le mois de mars approche et le mois d’avril n’est pas loin.
    Tu me manques Caro.

    Et toi, Jonathan, j’ai hâte de te connaître autrement que par les écrits et les photos.

    Je vous souhaite le meilleur d’ici votre retour. Après votre arrivée ici, le meilleur sera pour moi et tous ceux qui, de ce côté, vous aiment et vous espèrent.

    Câlin.

    Jean oxo

  • France Morin

    Allo
    C’est vrai que vous nous faites voyager agréablement avec vos Blog.C’est toujours un pur paisir.
    Et j’ai surtout hâte à ce mois d’avril pour les câlins. Je vous souhaite de prendre le meilleur de l’Inde d’ici là, ensuite comme le dit Jonathan, j’espère que vous prendrez racine.

    Maman xxx

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