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Acidité et équilibre acido-basique

Pousse brocoli, photo par Johan J.Ingles-Le Nobel

Les activités ordinaires, le stress et l’alimentation sont autant de sources quotidiennes d’acidité pour l’organisme. Un déséquilibre acido-basique ralentit le métabolisme et favorise l’émergence de bien des maux, depuis la dysbiose intestinale jusqu’aux problèmes de peau. Cet article traite principalement des problèmes d’acidité car, bien que ce soit possible, il est très rare que des gens souffrent d’alcalose.

L’équilibre acido-basique

Le pH mesure la concentration en ions d’hydrogènes dans une solution. Les acides contiennent plus d’ions d’hydrogène alors que les bases sont riches en ions hydroxyle. Dans l’organisme, le pH doit impérativement rester stable pour que les échanges chimiques qui maintiennent continuent d’avoir lieu. Le pH des diverses parties de l’organisme se situe généralement entre 7.0 et 8.0, alors que celui du sang se trouve en tout temps près de 7.4.

Les reins, les poumons et la peau excrètent les acides via l’urine, le gaz carbonique et la sueur, respectivement. L’organisme dispose aussi de trois différents systèmes pour tamponner l’acidité impliquant bicarbonates, phosphates et protéines.

Lorsque tous ces systèmes se révèlent insuffisant, le corps puise dans ses réserves minérales, notamment dans les os. C’est tout l’organisme, du squelette aux cheveux, ainsi que ses fonctions vitales qui se trouvent affectés par une déminéralisation.

Qu’est-ce que l’acidification ?

Bien que le pH sanguin reste toujours à peu près le même, on dit d’un organisme qui subit les affres de l’acidité qu’il « s’acidifie ». Les efforts déployés par l’organisme pour compenser l’acidité ont des conséquences fâcheuses à long terme. L’acide s’accumule dans les tissus conjonctifs, au niveau des fibres collagènes du tissu de soutient (mésenchyme) jusqu’à ce qu’ils durcissent et ne puisse plus alimenter les tissus environnants. La circulation et les échanges cellulaires ralentissent, ce qui affecte tout le métabolisme.

Sous l’effet de l’acidité, les problèmes de peau et les inflammations s’aggravent, le système nerveux perd de sa résistance au stress ainsi qu’à la douleur et la flore bactérienne se dérègle (dysbiose intestinale), ce qui perturbe l’élimination et le système immunitaire.

Les bactéries et les champignons prolifèrent chez les organismes acides, les muqueuses deviennent sensibles, les muscles tendus, les ongles et les cheveux cassants, les dents développent des caries. Bref, l’organisme vieillit et dégénère plus rapidement sous l’effet de l’acidité.

De plus, l’alimentation acidifiante est liée dans la littérature scientifique à la prise de poids, l’hypertension, l’hypercholestérolémie et les troubles de l’humeur. L’acidité est en cause dans toute une myriade de pathologies : angines, aphtes, colites, cystites, gastrites, migraine, ostéoporose, sinusite et bien d’autres encore.

L’importance de la respiration

La qualité de la respiration a un impact déterminant sur l’équilibre acido-basique. Quelques respirations profondes suffisent à modifier sensiblement le taux d’acidité. Ainsi, prendre conscience quelques fois par jour de l’état de notre respiration peut grandement améliorer notre état de santé. Toute une branche du yoga est d’ailleurs consacrée aux exercices de respiration : le pranayama.

Le sommeil combine l’inactivité à la respiration profonde : c’est par conséquent un état où nous éliminons beaucoup d’acidité. Par ailleurs, il ne faut pas oublier l’impact de notre état psychologique sur notre respiration et notre taux d’acidité.

L’équilibre acido-basique et l’alimentation

La plupart des minéraux présents dans la nourriture sont alcalinisants (calcium, magnésium, fer, potassium, sodium), bien que le soufre, le phosphore, le chlore et l’iode soient acidifiants. Un régime équilibré, comprenant une bonne portion de légumes et de céréales entières, biologiques de préférence, nous garantit un apport convenable en minéraux, ce qui maintient avantageusement notre équilibre acido-basique.

Plante alcalinisante, photo par planet a.

Augmenter sa consommation d’aliments alcalinisants permet de conserver son équilibre acido-basique. Il faut cependant distinguer les aliments acides des aliments acidifiants. C’est-à-dire que le résultat final sur l’organisme dépend moins du pH initial de l’aliment que de la quantité de minéraux alcalinisant qu’il renferme. Par exemple, un citron sera moins acidifiant qu’une orange grâce à son contenu en minéraux et ce, malgré son pH plus acide.

Beaucoup de controverse et de confusion subsiste autour de l’alimentation en rapport à l’équilibre acido-basique car on ne peut simplement consommer que des aliments purement alcalinisants. En effet, plusieurs groupes d’aliments sont surtout acidifiants et les acides font partie d’une alimentation normale.

Par conséquent, les recommandations alimentaires énumérées ci-dessous identifient par groupes d’aliments ceux qu’il convient de favoriser en cas d’acidification et ceux dont il faut éviter les excès :

Céréales : Les céréales et les farines raffinées sont appauvries en minéraux et en fibres. Intégrer les céréales complètes à sa diète et choisir des produits faits de farines entières, notamment les pâtes et le pain, est une bonne façon de réduire son acidité. Les céréales ne sont pas aussi alcalinisantes que les fruits, les légumes et les graines, mais l’avoine et le quinoa comptent parmi les céréales les moins acidifiantes, contrairement au blé, au seigle et au maïs. Le pain germé est idéal, mais consommez le levain avec modération.

Légumes : Les légumes verts et colorés sont de loin les aliments les plus alcalinisants. Plus de légumes dans votre assiette fera donc toute la différence pour votre équilibre acido-basique.

  • Bette à carde
  • Betterave
  • Brocoli
  • Carottes
  • Céleri
  • Chou vert
  • Épinards
  • Kale
  • Germinations
  • Haricots
  • Laitues
  • Patate douce

Exceptionnellement, certains les légumes sont acidifiants.

  • Ail
  • Artichaut
  • Asperge
  • Chou de Bruxelles
  • Cresson
  • Radis
  • Rhubarbe
  • Oignon
  • Poireau
  • Tomate

Fruits : Les fruits font partie des groupes alimentaires surtout alcalinisants. Les fruits frais au goût sucré laissent des résidus alcalins. Le citron, un fruit acide mais très alcalinisant, fait exception.

  • Avocat
  • Banane
  • Châtaigne
  • Citron
  • Datte
  • Kaki
  • Melons
  • Pêche
  • Poire
  • Raisins sucrés

Les jus de fruits et les fruits frais de saveur sûre doivent être consommés avec modération par ceux et celles qui s’acidifient facilement.

  • Abricots
  • Agrumes
  • Canneberges
  • Cassis
  • Kiwis
  • Groseilles
  • Petits fruit au goût sûr
  • Pomme grenade
  • Prunes
  • Pruneaux

Noix et graines : Les noix sont en général des aliments quelque peu acidifiants, tandis que les graines et les amandes sont davantage alcalinisantes. Lorsqu’elles ont trempé quelques heures pour amorcer leur germination, leur valeur nutritive et leur potentiel alcalinisant augmente. En voici quelques unes parmi les moins acidifiantes :

  • Amandes
  • Cachous
  • Graines de citrouille
  • Graines de sésame
  • Noix de coco
  • Noix du Brésil
Infusion, photo par Marmit

Épices, fines herbes et plantes médicinales : Les épices et les herbes comptent parmi les aliments les plus alcalinisants. Certaines herbes médicinales ont une propriété dite alcalinisante car elles sont particulièrement riches en minéraux. D’autres plantes supportent les organes et les fonctions vitales qui éliminent les acides, notamment les reins.

Elles peuvent être prises quotidiennement sous forme d’infusions, de capsules ou en concentrés liquides. Les vinaigres médicinaux infusés de plantes alcalinisantes sont particulièrement efficaces, en raison de la capacité du vinaigre à extraire les minéraux. Le vinaigre de cidre de pomme est d’ailleurs lui-même un alcalinisant hors pair riche en minéraux.

Viandes et légumineuses : Ces groupes d’aliments sont considérés comme acidifiants, mais peut varier selon la proportion des protéines dans l’alimentation (voir ci-dessous). Les protéines animales sont considérés comme plus acidifiantes en général que les protéines végétales, en raison de leur forte proportion d’acides aminés soufrés qui se transforment en acide sulfurique.

Produits laitiers : Le lait non pasteurisé, de soja ou le petit-lait sont de bons alcalinisants. Cependant, consommez les fromages durs et vieillis, le yogourt et les lacto-fermentations avec parcimonie.

Sucres : Les sucres font partie des groupes d’aliments les plus acidifiants, car une portion des glucides et transformée en acide lactique une fois métabolisée. Puisque les sucres raffinés sont dépourvus de la plupart de leurs minéraux, favorisez par conséquent le sucre bio, fait de jus de sucre de canne séché, le sirop d’érable ou d’agave et la mélasse verte. Le miel est considéré comme étant plus acidifiant que ces derniers.

Breuvages stimulants : Enfin, ne négligez pas le potentiel acidifiant des stimulants comme le thé, le café ou les populaires « boissons énergétiques », qui provoquent l’élimination de minéraux et surexcitent le système nerveux, augmentant la quantité de stress subi par l’organisme.

Les protéines et l’acidité

Lorsque les protéines constituent une forte proportion de l’apport énergétique quotidien, elles peuvent devenir une source importante d’acidité. En effet, l’énergie produite avec des protéines par l’organisme, engendre beaucoup d’acide urique. Une consommation normale de protéines, soit d’environ 15% de la valeur nutritive quotidienne en kilojoules (environ 1g par kg de poids corporel), ne pose donc aucun problème.

À propos des tests de pH urinaire

On peut se servir de la mesure du pH urinaire observer une tendance approximative en comparant les variations de pH urinaire à court terme, au moment où l’on modifie certaines habitudes de vie, par exemple.

En revanche, les languettes qui mesurent le pH urinaire ont une utilité limitée puisque l’acidification se traduit davantage par une déminéralisation qu’une variation du pH, l’organisme devant à tout prix maintenir son pH stable. De plus, une lecture du taux d’acidité de l’urine n’indique pas celui qui prévaut à l’intérieur de l’organisme. Selon une étude publiée en 2005, il n’y aurait pas non plus de corrélation entre le pH urinaire et l’excrétion nette d’acides.

En conclusion

Une diète dépourvue d’aliments raffinés et bien fournie en fruits et légumes ainsi qu’une respiration adéquate suffisent bien souvent à maintenir un bon équilibre acido-basique, ce qui permet d’éviter de nombreux problèmes de santé et de conserver plus longtemps la vitalité du corps.

Pour en savoir plus, lisez aussi L’équilibre acido-basique et la santé et pour consulter en personne l’auteur de cet article, visitez le centre Espace Ayurvéda